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Cette page comprenant des articles du nouveau et des anciens numéros, une image est placée devant les nouveaux articles.

 Le chevalier de Neige. (1ère partie), par Persephone Evans-Snape
Princesse Lune, par Alyssa Searrs
La llorona (la femme en blanc), par Persephone Evans-Snape
La Dame blanche et les auto-stoppeurs., par Persephone Evans-Snape


Le chevalier de Neige. (1ère partie) | Persephone Evans-Snape

J'ai découvert cette légende l'autre jour, en feuilletant un vieux recueil qui traînait sur une des étagères de ma bibliothèque. Elle est tirée du recueil de légendes de Marguerite Vande Wiele et nous transporte dans le folklore belge. J'ai eu envie de vous faire partager celle-ci :

Irmine de Mentel, fille du seigneur de Mentel, est une jeune fille robuste, à l'âme sûre et la tête forte. Elevée par le seigneur de Mentel, elle reçoit plutôt les enseignements d'un jeune garçon que ceux d'une vierge. Et si elle ignore tout du point de tapisserie, du doux filet ou de la broderie, elle se distingue par son habilité à l'équitation et même, à tous les exercices d'armes. Et quand Irmine, montée sur son coursier noir, est déguisée en chevalier, avec sa côte d'arme, son épée au côté et son casque à panache d'aigle noir, on peut dire qu'elle ne craint aucun adversaire.

Irmine se tient debout devant la fenêtre du château de son père. Elle regarde le paysage d'hiver qui s'étend devant elle. Les lourds nuages gris dans le ciel, la rivière étamée par gel, tandis qu'une petite neige fine et floconnante tombe doucement.
Le temps est froid et la nuit est proche, et la jeune fille s'ennuie. Bien qu'Irmine raffole de la chasse, elle n'a pas voulu y être aujourd'hui. Elle a préféré demeurer au château, seule avec son page.
C'est que la douce Irmine attendait Hughe d'Ernalstein, le maître de son cœur, qui l'aime et demandera la main de la demoiselle à son père dans trois jours.
Il est venu, puis est reparti. Et maintenant la jeune fille trouve le temps bien lent, alors qu'en la compagnie de Hughe d'Ernalstein, elle le trouve bien court. Cependant, quelque chose, un je-ne-sais-quoi, lui parait déplaisant durant cette entretient. C'est ce sentiment étrange qui fait souffrir Irmine encore plus que sa solitude. Pourtant elle l'aime, ce noble seigneur qui vient un soir chez elle, seul, et lui dit ces quelques mots :

- Je suis Hughe, chevalier d'Ernalstein. Je vous vis, ma Dame, en une fête… et vous aimai.

Un autre, elle l'aurait chassé ; lui, elle lui sourit.
Il est fort bel homme, tout de blanc vêtu. Des diamants scintillent sur sa cote de soie blanche. Son visage est pâle, d'une carnation délicate et transparente, comme si du lait coule dans ses veines et non du sang. Il a l'air impérial et ses mouvements, ses regards, son allure, révèlent celui qui commande et ordonne. Mais d'où vient cet homme mystérieux qui subjugue la hautaine Irmine ?

- Vous avez froid, dit-elle après lui avoir touché la main.

Elle veut alors le faire s'approcher de la cheminée, mais il s'en écarte rapidement, prétextant qu'il redoute la chaleur.
Les deux jeunes gens se promettent un amour mutuel, puis le chevalier d'Ernalstein quitte sa belle avant le retour du seigneur de Mentel.
Et depuis, le début de l'hiver se fait ainsi. Chaque fois qu'Irmine demeure seule au château, le chevalier vient lui rendre visite. Il s'assit auprès d'elle, lui exprime sa tendresse et disparaît avant le retour du maître des lieux.
Mais aujourd'hui, Irmine a pris sur elle de dire à son tendre amant :

- Mon cher amour, demandez-moi en mariage à mon père.
- Je le ferai, ma Dame, dans trois jours, à la fête de Noël.

Sur ces paroles, le chevalier quitte la jeune fille. Lorsqu'elle est seule, Irmine pleure, car il lui semble qu'il a mal dit sa réponse et que plus jamais elle ne doit le revoir.
Désormais, la neige tombe à gros flocons en grand silence, et cette blancheur sans bruit lui rappelle, elle ne sait pourquoi, son cher amour. Cet amour qui est si silencieux sur tout ce qui le concerne, dont les pas sont sans écho, le teint sans couleur et la peau glacée. Elle songe que s'il est si semblable à la neige, sans doute en a-t-il la pureté et qu'elle se doit d'avoir foi en lui. Elle s'en veut alors d'avoir pu douter du chevalier.
Avec l'amour lui est venu plus de féminité, mais elle ne sait que trop en faire et il est curieux de voir cette belle châtelaine si embarrassée d'être exquise.
Toujours immobile devant sa fenêtre, à regarder tomber la nuit et la neige, la belle dame est tirée de sa songerie par un héraut, venu annoncer une joute prochaine.

- Eh, non, fait la châtelaine, cela est impossible. Une fête guerrière en cette saison… ce poursuivant se moque ! On ne court point de tournoi par ce gel.

Aussitôt, une voix jeune, provenant du fond de la salle, lui répond :

- Si, on en court… ou, du moins, il en sera couru un cet hiver, bientôt, puisque ce sera la nuit de Noël…
- Oh ! Vous aussi, vous m'en contez, mon page ! l'interrompt Irmine. Une joute l'hiver, et la nuit !
- Certes, reprend le page. Prêtez à ce que proclame ce chevalier une oreille plus attentive et vous saurez que je ne raille point.

Déjà Irmine a ouvert la fenêtre et elle constate que le héraut, tout comme son aimé, est vêtu de blanc. Elle écoute sa harangue et a vite fait d'entendre qu'est défié tout prétendant à la main de la noble demoiselle Aleidis de Veyre. Le défi est jeté par le chevalier Hughe d'Ernalstein.

- Oh ! Ceci passe la mesure, s'exclame Irmine. ‘Hughe d'Ernalstein’, tels sont les mots prononcés par cet homme ? Il se trompe et nous trompe, car ce chevalier ne peut entrer dans les lices pour Aleidis de Veyre car je l'aime,  il m'aime, et j'ai sa foi…
- Il y entrera cependant, déclara le page d'un ton formel, et c'est un secret pour vous seule qu'Aleidis, afin de choisir entre lui et le seigneur d'Erkenbald, qui recherche également son alliance, a résolu de les faire se combattre en joute la nuit de Noël, au clair de lune.

Droite au milieu de la salle, Irmine pointe vers lui un doigt accusateur et crie :

- Tu mens !

Elle est si hors d'elle-même qu'elle battrait le pauvre page si celui-ci, plein d'humilité et les yeux plein de larmes, ne s'est jeté à ses genoux en répétant :

- Oh ! Ma dame, ne m'en veuillez point. Laissez-moi parler, plutôt, et vous apprendre si vous l'ignorez, qu'un courrier vint, l'autre semaine, de la part du seigneur de Veyre, pour vous inviter, votre père et vous-même, à cette fête. L'invitation fût acceptée, je crois, par le seigneur de Mentel.
- Mais ce n'est pas Hughe d'Ernalstein qui entrera dans ses lices. Ce n'est pas son nom qui fut donné !... Dis-le-moi, dis-le-moi… ou ne parle point !
- Ma dame, l'écu du félon est déjà exposé, avec tous ceux des autres qui prétendent se mesurer en ces parades, le long des cloîtres du monastère de Sainte-Ursule, à deux pas d'ici.

Le lendemain, la belle Irmine court jusqu'au monastère, et ce qu'elle voit, jamais, jamais elle ne le dira, car son orgueil saignerait. Certes elle aurait du dénoncer aux juges l'offense que lui faisait le chevalier, l'exposition aux cloîtres des armes des tournoyeurs n'ayant d'autre but que de permettre aux dames d'arrêter l'offense qui allait se produire. Mais Irmine de Mentel, ne fait rien de semblable.

En son domaine, on s'occupe du carrousel organisé chez le seigneur de Veyre pour les beaux yeux de sa fille, Aleidis la rieuse. Irmine en parle également, mais très froidement ; elle s'informe même des conditions du tournoi. Assurément, ce sera une fête guerrière comme on en vie peu, car elle aura lieu dans la cours du château de Veyre, la nuit du 24 décembre, aux torches, à l'heure de la messe sainte. Et les femmes joignent les mains, en affirmant que c'est offenser Dieu et que rien de bon ne serait naître de l'accomplissement d'un tel dessein pour le caprice d'une fillette quand il faudrait qu'on soit à l'église, à adorer l'enfant Jésus. Sur quoi, Irmine y réplique :

- Le spectacle sera beau, par la lune claire, qui sera en son plein, cette nuit-là, et j'irai !

La suite dans le prochain numéro...


Princesse Lune | Alyssa Searrs

Kaguyahime (Princesse Lune) est le personnage principal d'un très ancien
conte japonais. En plus d'être un conte, c'est aussi une légende qui parle du mont Fuji, grand sommet de Tokyo. Sa fin n'est pas très heureuse mais c'est un très joli conte.

A ce temps-là vivait un homme appelé « le coupeur de bambou » par tout le monde. Un jour il fut attiré pas une tige de bambou qui brillait d'un éclat irréel. Il coupa la tige et trouva un adorable bébé, recroquevillé sur lui-même. L'enfant était une petite fille.
Le coupeur de bambou et sa femme décidèrent de prendre la petite fille avec eux et l'appelèrent Kaguyahime (la princesse Lune), car la petite fille leur rappelait la lune.
En grandissant, elle devint si belle qu'ont entendait parler d'elle d'un bout à l'autre du pays. Cinq de ses prétendants, tombés éperdument amoureux de Kaguyahime, vinrent la voir. A chaque fois elle répondit qu'elle épouserait celui qui accomplirait ce qu'elle voulait.
Ils comprirent très vite que ces tâches étaient impossibles à faire pour le commun des mortels. L'une des tâches demandée par Kaguyahime était de s'emparer du collier de pierre d'arc en ciel porté par un dragon.
A chaque tentative, les cinq prétendants échouèrent.
L’empereur en personne se déplaça et demanda Kaguyahime en mariage, qui refusa de la même manière qu'aux autres prétendants.
Un soir où la lune brillait beaucoup, trois messagers vinrent sur terre et révélèrent à Kaguyahime ses véritables origines. Elle venait du peuple de la lune qui l'attendait depuis très longtemps. Dans peu de temps, elle devrait se préparer à repartir.
A chaque fois que la lune réapparaissait, Kaguyahime pleurait son départ. Quand le vieux coupeur de bambou et sa femme entendirent que le peuple de la lune viendrait enlever leur chère enfant, ils prièrent l'empereur d'envoyer des gardes pour protéger leur fille.
Quand ce fut à nouveau la pleine lune, les messagers de la lune revinrent. Les gardes de l'empereur essayèrent de les empêcher de prendre Kaguyahime, mais l'éclat de la lune était si fort que personne ne put garder les yeux ouverts.
La jeune fille qui adorait sa vie sur Terre et ses parents ne voulait pas partir mais les messagers étaient là et ils ne voulaient pas repartir sans la princesse Lune.
Désespéré, le seigneur essaya de suivre son épouse et grimpa sur le mont Fuji pour se rapprocher du ciel. De dépit, il se jeta dans le cratère du volcan.
Depuis, on dit que les éruptions du mont Fuji expriment le désespoir du seigneur…



La llorona (la femme en blanc) | Persephone Evans-Snape

La llorona est un terme espagnol qui signifie « la femme qui pleure ». Elle est aussi souvent appelée la femme en blanc ou pleureuse. C’est un fantôme qui pleure la mort de ses enfants. Il y a différentes versions de cette légende, notamment à propos du lieu où elle est née, à qui elle a été mariée, et comment elle est tombée enceinte. Mais chaque version s’accorde pour
dire qu’elle a tué ses deux fils dans une rivière. On lui donne habituellement des noms tels que Sofia, Linda, Laura ou encore Maria. On raconte qu’elle marche le long des rivières et des ruisseaux dans sa robe blanche en gémissant dans la nuit, à chercher des enfants pour être ses prochaines victimes.

La version probablement la plus connue de ces légendes est celle de la « Weeping Woman of the Southwest » (« Femme Pleurant du Sud-ouest »).
Cette histoire se passe au Nouveau Mexique. La llorona, baptisée Maria, est née dans une famille de paysans, au temps des Conquistadors. Elle attire l’attention des hommes de son village avec sa beauté hypnotisante. Elle passe beaucoup de temps avec sa famille, mais la nuit tombée, elle sort dans sa robe blanche pour divertir les hommes du village qui l’admirent. Durant cette période, elle donne naissance à deux garçons mais personne n’a jamais su de qui ils sont. Elle épouse un homme riche qui lui donne tout son amour et son attention. Il a tout ce qu’une femme peut souhaiter chez un mari. Cependant, après deux ans de mariage, il commence à l’ennuyer avec ses deux fils et son comportement change radicalement. Il devient alcoolique, coureur de jupon, et quitte souvent Maria et les garçons pendant plusieurs
mois d’affilés.
Un soir, alors que Maria marche avec ses enfants le long d’une rivière, son mari arrive dans une carriole avec une belle jeune femme derrière lui. Il s’arrête, salue les enfants et repart. Jalouse de ses enfants, Maria entre dans une rage terrible. Elle attrape les deux garçons et les noie dans la rivière. Alors qu’ils disparaissent dans le ruisseau, elle réalise ce qu’elle vient de faire. Culpabilisant, Maria court dans les rues du village, gémissant dans la nuit. Les jours suivants cette nuit-là, elle refuse de manger et passe ses journées à marcher le long de la rivière, espérant retrouver ses enfants. Elle devient de plus en plus maigre au fil des jours et meurt finalement sur le bord de la rivière.
On raconte maintenant que l’esprit de la llorona marche au bord de la rivière Santa Fe, la nuit, tuant hommes, femmes et enfants. Bien qu’elle tue toutes les personnes s’approchant de son territoire, ses victimes sont plus spécifiquement celles qui traitent mal leur famille, comme pour leur donner une leçon.


La Dame blanche et les auto-stoppeurs. | Persephone Evans-Snape

C’est le phénomène dans lequel des personnes qui voyagent en voiture rencontrent un auto-stoppeur, puis disparaissent soudainement sans laisser de traces. Il y a 4 variantes bien précises de cette légende. La plus connue est celle d’une personne qui conduit sur une route tranquille, la nuit, et qui voit une silhouette dans la lumière des phares. Le conducteur propose à l’esprit de le conduire et alors que la voiture roule, le passager disparaît. Il est aussi dit que l’esprit laisse derrière lui des indications au conducteur pour que celui-ci prenne contact avec les fantômes.



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